S’il y a un moment de notre vie où l’on doit philosopher c’est quand on est jeune.

Quand je parle de philosopher je ne parle pas de politique, d’éthique, ou de n’importe quel autre concept philosophique. Ici je parle de philosophie au sens étymologique du terme.
L’amour de la sagesse, voici le sens étymologique du mot philosophie, et ce sens étymologique se rapproche le plus d’une certaine philosophie, la plus noble à mes yeux qui est :

La philosophie de la vie.

Qui n’a presque rien à voir avec la philosophie bergsonienne ou autre, même si elle en porte le même nom. Et ce n’est pas du tout cette philosophie que j’essaye de faire valoir dans cet article.

Eh bien sûr, celle-ci ne s’apprend plus à l’école. Et je le regrette car dans une société où la religion ne fait plus autant de fidèles qu’à une certaine époque, la seule spiritualité ou religion que l’on nous a laissés, c’est la société de consommation.

Aujourd’hui les gens ne croient plus en rien, ou presque, ils ne croient qu’en une chose, c’est vivre pour consommer, vivre pour son petit plaisir, et en pensant avant toute chose que l’on doit « profiter de la vie ».

L’hédonisme de la consommation de masse si l’on pouvait définir cette façon de vivre.

Si vous ne voulez pas réfléchir sur votre vie et savoir quel est le but ou le sens de votre existence, grand bien vous fasse, laissez-vous dérivez, laissez la vie choisir à votre place.

Certains par chance se trouvent au bon endroit au bon moment sans le vouloir mais soyez en sûr, ce ne sont qu’une minorité. La majorité de ces personnes qui ne se prépare aucun futur se retrouvent à vivre une vie qu’ils n’ont pas voulue, et vivent avec une personne qu’il n’ont jamais réellement aimé car ils ne se connaissaient pas eux-même.

Ainsi tout au long de la vie, ils apprennent d’eux-même et de ce qu’est la vie.

Lors d’un décès, lors d’une naissance, lors de moments de tristesses et de joies, ils savent petit à petit qui ils sont vraiment et se rendent compte que la vie qu’ils ont ne leur convient absolument pas.

  1. Mais le problème c’est que se connaître quand la moitié de sa vie s’est écoulée, c’est bête. Vous aurez perdu beaucoup, beaucoup de temps en plus de tous les désagréments que vous subirez lorsque vous voudrez changer de vie. Il n’est jamais trop tard, certes.

Mais vivre sa vie tel que l’on devait la vivre depuis le début est tout simplement préférable.

Mais il y a un moyen d’y remédier, cela s’appelle la philosophie.

La philosophie c’est quoi sinon gagner du temps ?

Les livres de philosophie sont faits pour transmettre la connaissance de la vie. C’est un condensé de vie. Ces quelques lignes écrites par ce philosophe peuvent vous faire apprendre bien plus que ce que vous aurez appris pendant les 80 années de votre existence.

Un ami étudiant en science m’a dit que les pieuvres sont plus intelligentes que nous, car au cours de leurs courtes vies, elles apprennent des choses considérables, bien plus que ce que l’homme est capable. Mais le problème c’est qu’elles ne peuvent pas transmettre leurs connaissances. Ainsi toutes les pieuvres recommencent de zéro, sans passé et donc sans futur.

La philosophie permet de contrer cela, elle nous permet d’apprendre ce que d’autres ont vécu, pour que nous puissions mieux vivre notre vie sans attendre d’être vieux pour le savoir.

Alors autant apprendre de la vie le plus jeune possible, et c’est l’objet de mon article. Comprendre la vie quand on a 80 ans ne sert pas à grand chose au final, puisque toute la vie que l’on a menée aura été à coté de la vérité que l’on a découverte trop tard. Et ici, pour cet article, je pars du postulat qu’il n’y a rien après la mort, même si ce n’est pas ce que je crois.

Alors n’écoutez pas tous ces gens sans profondeurs qui disent tout le temps « mais profite de la vie, arrête de réfléchir, on verra bien où la vie nous mènera » car c’est quoi profiter de la vie pour ces gens ? Boire, fumer, faire des choses futiles toute la journée pour se « reposer » et travailler le minimum pour ne pas rendre sa vie difficile ?

La raison de philosopher quand on est jeune c’est que la jeunesse permet une infinité de choix. Quand on est jeune on est au carrefour de sa vie.

Si par une philosophie, n’importe laquelle, vous avez découvert qui vous étiez et où vous souhaitez aller, alors vous avez réussi.

Réussi d’avoir choisi votre vie ou selon comment on voit les choses, d’avoir découvert comment votre vie devrait être vécue.

Si vos réflexions vous font tourner en rond et que celles-ci n’apportent pas de conclusion, c’est que tout simplement vous n’avez pas fini votre réflexion. Vous n’êtes pas allé au bout par peur de ce que vous alliez y trouver.

Philosopher est difficile car philosopher nécessite un grand besoin de solitude. Ce n’est que dans la solitude que vous pourrez réfléchir. Et la solitude ce n’est pas regarder des séries tv, regarder des films, ou jouer. Ce n’est pas ça la solitude.

La solitude c’est se retrouver avec soi, seul à seul. C’est une violence, c’est certain.

Mais quand on commence à découvrir que l’on existe, par cette réflexion, une seconde vie commence, un peu comme cette prise de conscience que nous décrit le psychologue Carl Jung.

Et même si vous ne supportez pas le fait de penser à ces choses difficiles, de penser à la vie et à la mort, et qu’est ce que vous comptez faire de votre temps à venir, forcez vous. Ce n’est qu’un stade temporaire.

Donc pensez à philosopher pendant que vous avez encore une liberté totale de choix.

Ce n’est pas quand votre vie sera faite qu’il faudra le faire, c’est ici et maintenant. Prenez votre vie en main, découvrez qui vous êtes, sachez quel sens à votre existence vous voulez vous donner.

C’est sain de réfléchir, ceux qui disent que c’est se prendre la tête croient certainement que la vie est un jeu et qu’il faut la prendre à la légère.

La vie ce n’est pas un jeu, et ce n’est pas sur votre lit de mort qu’il faudra le découvrir.

Car c’est l’une des pires souffrances qui puissent exister.

Dire que l’on est passé à coté de sa vie quand il est trop tard pour changer quoi que ce soit.

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10 réflexions sur “S’il y a un moment de notre vie où l’on doit philosopher c’est quand on est jeune.

    • un homme de Lettre dit :

      Je trouve que justement la solitude apporte beaucoup plus que le débat car lorsque l’on a pas réfléchit en amont au problème, on se retrouve battu par les arguments de l’autre qui seront plus fort, et plus percutant. Et tu ne pourra que dire « oui tu as raison » alors que pourtant en réalité le raisonnement de l’autre est faux.

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      • Pidiaime Piwo dit :

        Je suis d’accord qu’il faut réfléchir en amont pour se faire ses propres opinions, mais le débat peut être très enrichissant aussi car il apporte un point de vue qu’on n’avait pas forcément envisagé, et qui viendra nourrir encore plus de réflexion 🙂

        Aimé par 1 personne

  1. brindille33 dit :

    Je pense que même à soixante-six ans, il n’est pas trop tard de m’y mettre 🙂
    Vous ne pouvez pas savoir comment c’est passé ma vie et comment j’ai dû la gérer. Ce n’est pas un reproche de ma part, je n’aimerais pas que vous le considériez comme tel.

    Tout est une question de choix. Et pour toute action, à chaque instant, j’ai le choix personnel de choisir 🙂 Ce n’est pas simple, et même j’ajouterais on ne peut plus difficile. Les choix bien souvent s’enchaînent sans que je m’en sois rendu compte. Subir, perdre son libre arbitre, aussi réagir, tenter de ne pas se laisser abattre, aller de l’avant. Tout est possible. Je ne connais pas la philosophie de Bergson. Et de ce monsieur je n’en connais que le nom. Le fait de l’écrire ne me dérange nullement 🙂

    Personne n’est à l’abri des futilités de la vie 🙂 Je suis entièrement d’accord dans votre raisonnement concernant cette société de consommation et suis dans le courant d’essayer justement de me déposséder des futilités matérielles. Or déjà je suis assise devant un pc pour échanger avec un illustre inconnu, au lieu d’échanger dans la réalité. Est-ce absurde ?
    Futile ? Je m’interroge. Je n’aborderai pas la société actuelle. Je suis belge et je vis en France depuis douze ans. Nos cultures avec une frontière communes sont tellement différentes. Je me dois de l’observer. Ensuite les mots prendraient des pages et des pages 🙂

    Effectivement aborder la philosophie, les réflexions, pensées sur un sujet donné demandent le silence, l’introspection en soi-même et essayer d’être au plus près en toute franchise, (du moins essayer 🙂 de mettre à plat, la pensée qui passe à cet instant. Ce n’est pas pour autant qu’elle puisse être identique le lendemain à la même heure. 🙂 J’en suis convaincue. La base et l’essence peut rester la même, mais tant de variables de la vie quotidienne entre en ligne de compte.

    Je ne considère pas que se retrouver seule avec moi-même est une violence. Certainement pas. Bien au contraire c’est un bienfait. Ce n’est que mon avis personnel.
    Je ne suis pas d’accord non plus à demander à une personne ou même à conseiller de « se forcer ». Que faites-vous de la liberté et de celle de l’autre ? Je puis essayer de m’appliquer non me forcer. Car dès l’instant, du moins en ce qui me concerne, je devrais me forcer, je me braquerai, et dans la tête, les pensées, les réflexions se bloqueront. J’en connais les causes personnelles.
    Je pense que vous avez peut-être voulu dire autre chose en utilisant le mot « forcer ».

    Vous écrivez : « C’est sain de réfléchir, ceux qui disent que c’est se prendre la tête croient certainement que la vie est un jeu et qu’il faut la prendre à la légère. »
    Très sincèrement je laisse les autres penser comme ils veulent et je respecte leurs choix dans la mesure où les miennes sont respectées.

    Merci de m’avoir lue 🙂

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    • un homme de Lettre dit :

      du moment que vous pensez ce n’est pas futile je pense 🙂
      et non il n’est jamais trop tard, mais ce n’est pas l’objet de mon article, ici je fais l’éloge de penser lorsqu’on est jeune mais à aucun moment je dis qu’il ne faut pas penser lorsqu’on est plus agé. Je dis qu’il est plus facile de changer sa vie quand on est jeune que lorsqu’on a déja une vie bien en place.
      merci de votre commentaire 🙂

      Aimé par 1 personne

      • brindille33 dit :

        J’ai changé dans mon existence à maintes reprises. Et là à soixante-six, je repars vers l’avant, la vie le décide ainsi. Un autre tournant, un changement de cap, une page qui se tourne. Il est clair que lorsque j’ai changé de cap alors que j’avais vingt-quatre ans, ce fut du désespoir. J’ai aussi avancé, grâce au travail qui a maintenu ma vie hors de l’eau. Cela ne m’a pas empêché de continuer à réfléchir, pensé. Je ne trouve pas qu’il y ait une différence entre la femme de cette époque et celle d’aujourd’hui. Moins d’énergie sans doute 🙂 L’esprit vif, curieux, et du temps pour s’arrêter. Alors que lorsqu’on travaille, à l’époque j’aurais aimé avoir une journée coupée en quatre parties. Impossible. 🙂 Quant à changer de vie lorsqu’on est jeune, il est clair que récemment, j’ai eu envie de vivre de manière plus solidaire, écocitoyenne, en prenant un camping-car et me lancer dans un tour de France à la recherche de l’encontre des autres, des échanges culturels, des visites, des découvertes, offrir ses services pourquoi pas en échange. J’ai mis ce projet de côté, je le reprendrai. J’ai encore le temps avant d’avoir les articulations coincées haha !!!! J’ai un jour entendu qu’une dame sillonnait le Sahara et y vivait dans un genre de Van aménagé. Une femme qui avait une énorme culture, et tant de connaissances techniques, de ressources en elle-même. Je suis une grande admiratrice d’Alexandra David-Neel. C’est dire 🙂 Elle a osé et elle a pu faire et choisir ce qu’elle a ressenti et partir. Comme elle a eu raison malgré les embûches. Et ainsi il existe dans le monde du passé, et du présent des êtres extraordinaires qui indiquent les chemins et les voies qui ne sont pas impossible. A ce propos même les handicapés y arrivent. Alors, surtout ne pas succomber à la morosité, c’est le plus difficile.

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